La mise à l’eau de l’Hydroptère vient d’être effectuée à La Ciotat ce jour. Alain Thébault et son équipage vont retrouver la Méditerranée pour une première série de tests avant de tenter de battre, cet été, le record de la traversée du Pacifique entre Los Angeles et Honolulu.
Pour ce nouveau défi, l’Hydroptère a bénéficié de plusieurs adaptations. La longueur du bout-dehors, l’appendice à l’avant du bateau, passe à environ 4 mètres 50. Il permettra d’amurer un Gennaker (voile d’avant de 220 mètres carrés) sensiblement plus grand et situé plus en avant afin d’augmenter les angles de descente. L’étrave du trimaran a été renforcée pour compenser la transformation structurelle du plan de voilure et répondre aux conditions de navigations océaniques. Afin de décoller plus rapidement, un gain de poids a été obtenu par le remplacement du skeg en aluminium par un modèle en carbone (poutre support du safran) et par le remplacement du moteur par une version plus petite. Des foils avec de nouveaux profils équiperont également l’Hydroptère. Grâce à des bords d’attaque plus ronds, ils assureront au trimaran, des écoulements hydrodynamiques plus fluides permettant de réduire le phénomène de cavitation (décrochage) à haute vitesse par mer formée.
Enfin, un système d’asservissement des gouvernes de profondeur permettant de stabiliser l’Hydroptère a été intégré. Un programme informatique mis au point par les ingénieurs de permettra d’automatiser le comportement de cette gouverne. Cette technologie, déjà utilisée sur les sous-marins nucléaires développés par le constructeur naval, devrait permettre à l’Hydroptère de gagner plusieurs noeuds de vitesse moyenne au cours de sa traversée.
Alain Thébault, skipper de l’Hydroptère déclare : « Ces différentes adaptations techniques, et en particulier le calculateur pour stabiliser automatiquement l’assiette de l’Hydroptère, vont nous apporter un gain de performance très significatif. Aujourd’hui, grâce au travail des équipes de, nous devrions franchir un nouveau cap. Une fois mis au point, ce sera un progrès technologique comparable à celui qui a permis à l’aéronautique de rentrer dans l’ère moderne. Tous les avions sont aujourd’hui équipés de pilote automatique qui améliore la compensation et la régulation des commandes. l’Hydroptère ouvre à son tour une nouvelle fois la voie de l’innovation ».
Sur le plan visuel, le voilier le plus rapide du monde s’est métamorphosé en poisson volant avec des écailles le long des flotteurs et de la coque centrale et des ailes dessinées sur le plan de voilure. Cette décoration vient illustrer la relation particulière de avec la mer et prend tout son sens sur un engin pionnier du concept de « voile volante ».
Dans les prochaines semaines, l'Hydroptère sera embarqué sur un cargo qui le transportera jusqu'à Los Angeles, point de départ de la tentative de record du Pacifique.
Alain Thébault pendant les préparatifs de grutage - Copyright Francis Demange
l'Hydroptère élevé dans les airs dans les chantiers H2X de La Ciotat - COPYRIGHT FRANCIS DEMANGE
l'Hydroptère sur la grande bleue - COPYRIGHT FRANCIS DEMANGE








