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Le défi de l'Hydroptère
l’Hydroptère s’apprête à relever le défi de son histoire, devenir l’engin à voile le plus rapide de la planète.

Il s’agit surtout d’un défi chargé d’histoire, qui suscite intérêt et passion depuis plusieurs dizaines d’années.
Ce défi nous fait remonter dans le temps, nous rappelant les débuts de l’aviation, où de nombreux inventeurs et « géotrouvetouts » entraient en compétition et menaient toujours plus loin le vol de leurs oiseaux de bois et de toile.
Les revers étaient fréquents et souvent sévères mais ces premiers défis nous ont conduits à l’A380 et à Ariane 5.


Le record de vitesse à la voile est avant tout une succession de prétendants, un enchaînement de cultures…

Tout d’abord, les prototypes de vitesse tels que Crossbow 1 et 2 qui régnèrent sur les concours de vitesse à Weymouth dans les années 70.
Les planches à voile firent ensuite leur apparition dans cette quête, avec Pascal Maka en 1986 qui établit un nouveau record à 38.86 nœuds.
Il fallut attendre Yellow Pages, prototype de vitesse Australien, pour détrôner la planche, en 1993, avec un run à 46.52 nœuds.
Ce record fit date, il n’a été battu qu’en 2004 par le véliplanchiste Finian Maynard sur le Canal des Saintes Maries de la Mer, canal spécialement construit pour ce défi.
En 2005, Finian réussissait à porter ce record à 48.7 nœuds. 
Le 5 mars 2008, Antoine Albeau s'est rapproché encore des 50 noeuds et a établi le nouveau record à 49,09 noeuds.

49,09 nœuds… un chiffre à retenir, le chiffre du record à battre aujourd’hui !

Le record de vitesse à la voile, c’est aussi une autorité officielle qui régit les tentatives depuis les tous débuts, le World Sailing Speed Record Council (WSSRC) et un ensemble de règles strictes à suivre obligatoirement.
Elles ont été mises en place afin de pouvoir comparer très précisément l’ensemble des prétendants et garantir ainsi la légitimité des records établis :
  • Des systèmes de mesure homologués, issus du monde de la topographie.Dans cette course effrénée à la vitesse pure, le centième de nœud compte. A ce niveau de vitesse, un centième de nœud représente 10 centimètres. Les instruments de mesure doivent donc avoir une précision centimétrique validée afin de garantir l’exactitude du résultat. Par exemple, un GPS grand public simple possède une imprécision de l’ordre de 10 mètres, ce qui peut conduire à une erreur de 1 nœud sur la vitesse moyenne.
  • Une mesure de la vitesse moyenne entre deux points, séparés de 500 mètres en ligne droite.Il s’agit donc d’une mesure en projeté, cela signifie que si l’engin décrit une courbe entre ces deux points, il aura parcouru plus de 500 mètres, mais cela ne sera pas pris en compte. Il en est ainsi depuis les débuts où les systèmes de mesure ne permettaient pas de prendre en compte la distance réelle effectuée par l’engin.
  • Une mesure du courant marin afin de le prendre en compte. Si la vitesse du courant est supérieure à 1 nœud, alors la tentative de record est invalidée. Et si le courant est inférieur à 1 nœud, il est décompté dans le calcul de la vitesse.
  • Enfin et surtout, la présence d’un commissaire officiel détaché par le WSSRC est requise afin de confirmer la validité de la tentative. L’ensemble des documents justifiant de la bonne conformité des mesures, du lieu et de l’engin de vitesse doit être transmis au WSSRC afin qu’il homologue le record.
Grâce à ces règles et au suivi du WSSRC, Le record de vitesse est aujourd’hui une épreuve d’une grande maturité, qui permet la confrontation de prétendants d’univers différents mais unis par la passion. Nous retrouvons les meilleurs planchistes internationaux qui essayent de se surpasser et battre leur propre record, les kitesurfeurs dont la progression fulgurante de ces dernières années laisse envisager une accession au record absolu.
Les engins de vitesse ne sont pas en reste avec Macquarie Innovation, digne successeur de Yellow Pages, et le team Sailrocket.

 
Enfin, l’Hydroptère, notre prototype volant, dont la vitesse cible était de 30 nœuds seulement en 1994.  Après son record mondial en catégorie D, avec un run à 44.81 nœuds en avril 2007, Alain Thébault et toute l’équipe de l’Hydroptère espèrent désormais accéder à la plus haute marche du podium, la récompense ultime, devenir l’engin de vitesse le plus rapide de la planète.

l'Hydroptère est le seul engin à voile capable de concilier des navigations au large dans de la mer formée et des runs à plus de 45 nœuds lors de tentatives de vitesse pure.

Pour atteindre cet objectif ultime, l’Hydroptère s’est spécialisé. Abandonnant pour un temps le large, 2008 sera consacrée à la vitesse pure.

 
Etudes sur la cavitation
Nouvel empennage Nouveau bras de liaison carenné

Le gréement, la plate forme et les appendices ont été finement étudiés et modifiés afin de porter le potentiel de vitesse du bateau au-delà des 50 nœuds.
Un important travail de recherches et de mise en oeuvre a été effectué et un nouveau lieu décidé pour les navigations.
Après une série d’essais de gréement en Bretagne à partir de mi-mars, le bateau sera transporté sur cargo vers le Vieux Port de Marseille, où il sera basé pendant toute la durée des tentatives.
Alain Thébault et son équipage ont, en effet, choisi la méditerranée et plus particulièrement le spot de Port Saint Louis du Rhône devant la plage Napoléon pour tenter le record. Ce spot permet de bénéficier assez régulièrement de conditions très propices aux tentatives. Un vent de terre souvent établi à 30-35 nœuds, le Mistral, et un plan d’eau assez plat permettront d’exploiter pleinement le potentiel du bateau.


Une chose est sûre, 2008 est l’année du record de vitesse absolue à la voile… Il y a trop de prétendants et trop de motivation pour que le record en reste à son niveau actuel.
L’ensemble de la communauté rêve des 50 nœuds à la voile.

Osera t’on naviguer plus vite, propulsé par la seule force des éléments ? Un début de réponse dès ce printemps..
 
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